Mes desert boots de Clarks

dessin réalisé par minikitch number one, l’artiste de la famille

Elle a dit oui, elle a dit oui.
Elle a dit oui à quoi ma mère?
À mes desert boots de Clarks dont je rêvais depuis longtemps. Pourtant elles sont chères ces satanées godasses, mais elles sont trop belles et puis mon pied i grandit plus.
Je les ai portées longtemps, avec mes fringues babos (traduction pour toi ô jeune lecteur : ça veut dire baba cool, hippie, beatnik comme disait mon grand-père), avec mes premières tenues de boulot (jeans T-shirt).
Elles m’ont suivie dans mes cours, mes virées nocturnes, dans mes déménagements, pour sortir en boîte ou pour sortir les poubelles (le souci de transparence m’oblige à dire que j’ai plus souvent soulevé du plastique) pour courir après le bus et après les mecs.

Elles ont rêvé de botter certaines fesses (pas besoin de les nommer, elles se reconnaîtront un jour), elles en ont botté certaines (celles qui ne couraient pas vite).
Puis un jour, elles ont été remisées dans un recoin sombre de mon sous-sol. Une envie de neuf, de chic, de glamour, de moderne.

Mais un matin, une envie de Clarks m’a prise, aussi forte qu’une envie de bière pression en terrasse par ces temps caniculaires, aussi forte qu’une envie d’île déserte après une journée de boulot avec des collègues survoltés .
Mauvaise idée. J’ai passé la journée à faire pouic pouic sur le lino du boulot et à galérer pour décoller les pieds à chaque pas.

Bye bye semelles de crêpe,
Bye bye mes desert boots de Clarks.
Ça m’a rendue triste.
Une page se tourne.
C’est la vie.

Pouic pouic.

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